Pourquoi passer sa journée devant une console ?

1200 950 Le monde selon Alphonse

Pourquoi passer sa journée devant une console ?

Les jeux vidéo vous donnent des boutons, vous effraient ou vous intriguent ? À la Paris Games Week, salon annuel des jeux vidéo, ils passionnent. Mais qui sont ces joueurs invétérés qui ne jurent que par leur console ? Comment peuvent-ils y passer des heures sans avoir les yeux qui saignent et le coeur qui palpite ? Plongeons dans un univers aux multiples planètes aux côtés de Christine, l’une de nos lectrices.

Les jeux vidéo, un truc d’adolescents boutonneux ?
Ça ne vous aura pas échappé : le jeu vidéo est partout. Dans les salles d’attente, dans les trains ou dans la chambre de vos enfants ou petits-enfants, ça joue dans tous les coins. À la Paris Games Week, salon annuel dédié aux jeux vidéo, c’est un peu comme si tout ce petit monde s’était réuni. Et la première chose que l’on remarque en les voyant tous ensemble, c’est la variété des styles et des profils. En fait, il existe autant de gamers (ndlr joueurs) qu’il existe de jeux vidéo. Petits ou grands, chacun s’émerveille devant son jeu préféré.

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Joueurs en Cosplay.

Les jeux vidéo ou l’éloge de la violence gratuite ?
On disait aussi que le cinéma était violent il y a quelques années, c’est pour tous les médias pareil en fait. Pour appuyer ses dires, Sara, exposante au salon, présente l’un des jeux vidéo phares du moment. Plague of Tale, c’est un jeu d’aventure qui se passe en plein coeur de la peste noire du XIVe siècle. Ce que l’on oublie souvent, c’est que le jeu vidéo est en fait une immersion dans une histoire, dans un monde. Il adopte les mêmes mécanismes narratifs qu’un film ou un livre. C’est en résolvant des énigmes et en montant des stratagèmes que le joueur peut avancer dans l’aventure. Comme le souligne l’une des joueuses rencontrées, le jeu vidéo est la méthode ultime pour raconter une histoire interactive : il mêle à la fois l’intrigue, l’art et la musique. Lorsque les jeux sont excellents, on est tellement pris par la fiction qu’on a l’impression de la vivre avec le héros. En somme, tous les jeux sont loin d’être violents. Et dans ceux qui le sont la violence est très rarement gratuite, mais plutôt au service d’une histoire.

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Christine en train de photographier des figurines de jeux vidéo.

Les jeux vidéo, un truc qui rend bête ?
Le jeu vidéo a fait un pas de géant depuis sa création. Aujourd’hui, le joueur est plongé dans des mondes virtuels on ne peut plus réalistes. “C’est assez saisissant à vrai dire, on s’y croirait” s’étonne Christine entre deux stands. Pour autant, le jeu vidéo n’est pas un simple divertissement… Si pour certains il permet de s’évader, pour d’autres il est une forme d’apprentissage. Prenons Prisme 7, une création du Centre Pompidou. Dans ce jeu, on incarne un petit organisme qui évolue au fil de la découverte des oeuvres majeures du célèbre musée d’art moderne. Un musée met donc à l’honneur l’expérience artistique du jeu vidéo, comme une manière d’aborder la création de façon ludique. Après avoir testé Prime 7, Christine approuve : le jeu éduque la mémoire et la rapidité. Pas si réticente, alors ? En tout cas, pour le psychiatre Serge Tisseron, les jeux vidéo sollicitent l’attention et la concentration de manière très forte, car ils sont fondés sur une interaction permanente qui ne supporte pas le vagabondage de la pensée. Finalement, pratiquer le jeu vidéo aide à développer l’agilité intellectuelle.

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Christine en train de jouer au jeu du Centre Pompidou, Prisme 7.

Les jeux vidéo, ça isole énormément ?
Derrière la porte fermée de sa chambre, le joueur ouvre dans ses jeux d’autres portes, celles d’une multitude d’univers. Et contrairement aux apparences, dans ces univers, il n’est souvent pas seul. Il peut se faire des amis grâce aux jeux en ligne comme le célèbre World of Warcraft. Même si ces expériences ne se substituent pas au monde réel, le jeu vidéo devient alors un lieu de rencontres.

Et puis ce que l’on appelle “la culture geek” offre une ouverture sur le monde. Pour le joueur, elle lui donne par exemple l’occasion de découvrir de nouvelles cultures comme la culture nippone, par les costumes (appelés cosplay) ou encore par la nourriture. À la Paris Games Week, les onigiris (boulettes de riz accompagnées de boeuf ou de saumon entourées d’algues comestibles) et ramens (mets japonais) parfument les allées. Pour Christine, c’est une fermeture sur un monde où une seule identité est acceptée grâce à des mêmes rituels, partagés entre “tribus geeks” : des rituels alimentaires, esthétiques et musicaux. En tout cas, de la librairie alimentée des romans inspirés par les jeux vidéo à la galerie d’art où les dessinateurs donnent vie d’un coup de crayon aux héros fantastiques, le jeu vidéo dépasse largement la console.

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Gamers en animation.

Alors, convaincue Christine ? Pas complètement. Et là, c’est sa formation de psychiatre qui parle puisqu’elle voit dans les jeux vidéo une culture où l’on rend hommage à Dionysos et à l’excès. Alors oui, c’est vrai qu’il y a des excès. Mais comme tout chose, les vertus du jeu vidéo ne peuvent être récoltées que lorsqu’elles sont bien semées. D’un côté, le jeu vidéo peut devenir addictif. De l’autre, il affine l’attention visuelle. Et puis, il s’y passe tant de choses intéressantes.

Après cette petite lecture, que diriez-vous de saisir la manette pour jouer avec vos (petits)-enfants ou (petits-)neveux ? Au-delà du jeu en lui-même, ce sera l’occasion de les surprendre en passant un chouette moment ensemble. D’ailleurs, vous pouvez aussi délaisser le canapé pour sortir le nez dehors et aller jouer dans des salles d’arcade comme La tête dans les nuages à Paris, à Lyon, ou Galaxy Geek à Marseille.

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Alphonse explore de nouveaux formats pour vous faire découvrir des sujets insolites et vous en mettre plein les mirettes. On espère que ce décryptage vous a plu et votre avis nous serait précieux pour savoir si l’on a pris le bon chemin.

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