Volcan et quinine

1200 950 Le monde selon Alphonse

Volcans, lac d’acide chlorhydrique, masque à gaz. Ce n’était qu’un début.

La suite, c’était la nuit. Dans une île voisine, la terre a violemment tremblé. Par chance, la nôtre n’a été atteinte que de soubresauts nocturnes… mais tout de même, le sommier de fer rustique s’est agité, nos voisins de chambre se sont retrouvés dans le jardin tandis que moi…

Moi je commençais à chercher dans ma trousse médicale de la quinine. J’ai toujours travaillé comme médecin et voilà que cet été, dans ces îles d’Indonésie dont j’ignorais la veille encore les 300 volcans et les tremblements de terre, j’ai cru que mon compagnon était responsable de la secousse. Ce soir-là, je pensais qu’il commençait une crise de paludisme.

Bientôt, il m’a fallu changer de diagnostic, et rire de moi… ce qui fait du bien, croyez-moi. J’ai pu m’apercevoir que ma vision du monde méritait quelques corrections. Non seulement je devais apprendre à connaître ce pays si différent, mais aussi apprendre que je me trompe parfois.

Ce jour-là, j’ai réalisé que j’avais besoin de sortir de ma zone de confort, d’avoir peur et d’avoir froid, de changer mes habitudes un peu vieillottes parfois. Et puis j’ai réalisé au passage que j’avais aussi besoin de réveiller des plaisirs anciens, du temps de l’enfance où tout était une première fois et m’émerveillait. Vous vous souvenez, la première journée d’école et le parfum des cahiers neufs, les premières cerises qui devenaient des boucles d’oreille et dont on était sûrs qu’elles justifiaient de faire un voeu ?

C’est ça que j’aime, sentir que je peux m’émerveiller, que je peux apprendre sans limite. Alors cette fois c’était en Indonésie, mais cet émerveillement, je l’ai aussi retrouvé beaucoup plus près, en allant voir par exemple le lever du soleil au sommet du Cantal. Là, j’y ai trouvé d’autres réponses à mes questions.